27/02/2007Extraits...
«Je n'ai pas de solution : mon objectif, ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui. »
Albert Jacquard
«Que faire dans la confusion et l'inquiétude? C'est simple, dire ce qu'on croit.»
«Ce n’est pas parce qu’on verse de grosses larmes qu’on a du coeur et pas parce qu’on rit à gros éclats qu’on nage en plein bonheur.»
Jean-François Deniau Toine et Toinon
« Les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l'avoir trouvée. »
Condorcet- Discours sur les conventions nationales - Avril 1791
"De vrai, toute belle peinture s'efface aisément par le lustre d'une vérité simple et naïve. "
Michel de Montaigne Essais 1.26
«Devenir adulte, c'est apprendre à vivre dans le doute et à developper, au travers des expériences, sa propre philosophie, sa propre morale. Éviter le « prêt-à-penser ». »
Hubert Reeves
La haine d'un sot livre est un sentiment très inutile en soi ; mais qui a son prix s'il ravive en nous l'amour et la soif de ceux qui sont bons.
Émile Faguet (L'art de lire, éd Armand Colin, p. 100)
J'apprends avec plaisir que tu vis de façon toute familiale avec tes esclaves. C'est bien là une attitude digne de quelqu'un d'aussi éclairé et cultivé que toi. "Ce ne sont que des esclaves". Non, des êtres humains."Ce sont des esclaves". Non des camarades logés sous le même toit."Ce sont des esclaves". Non, d'humbles amis."Ce sont des esclaves". Non, des compagnons d'esclavage si l'on songe que la Fortune a sur nous comme sur eux un pouvoir égal. (...)
Sénèque - LETTRE XLVII - Lettres à Lucilius.
Je suis bien entouré de ces deux corps abandonnés. Nous sommes là étendus tous trois comme si notre radeau s'était posé sur la grève. Nous sommes échoués dans nos propres vies. Nous nous sommes affalés après une soirée un peu trop embrumée des vices de la vie.
Qu'importe nous avons ri comme des enfants, intervertissant nos rôles à chaque instant, qu'importe nous étions trois et nous avons goûté à ces mets puis à nos propres envies.
Et maintenant c'est la lune qui vient nous protéger, les étoiles qui viennent nous bercer et nos trois corps emmêlés sont heureux d'avoir assouvi tous nos plaisirs.
Esclaves de nos corps, jouisseurs de cet instantané, nous nous sommes simplement libérés de nos chaînes d’esclaves pour vivre en hommes libres.
« Si chaque seconde de notre existence doit se répéter un nombre infini de fois, nous sommes cloués à l’éternité comme Jésus Christ à la croix. Cette idée est atroce. Dans le monde de l’éternel retour, chaque geste porte le poids de l’insoutenable responsabilité. C’est ce que disait Nietzsche que l’idée de l’éternel retour est le plus lourd des fardeaux (das schwerste Gewicht).
Si l’éternel retour est le plus lourd fardeau, nos vies, sur cette toile de fond, peuvent apparaître dans toute leur splendide légèreté.
Mais la pesanteur est elle vraiment atroce et belle la légèreté ?
Le plus lourd fardeau nous écrase, nous fait ployer sous lui, nous écrase sur le sol. Mais dans la poésie amoureuse de tous les siècles, la femme désire recevoir le fardeau du corps mâle. Le plus lourd fardeau est donc en même temps l’image du plus intense accomplissement vital. Plus lourd est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle est vraie.
En revanche, l’absence totale de fardeau fait que l’être humain devient plus léger que l’air, qu’il s’envole, qu’il s’éloigne de la terre, de l’être terrestre, qu’il n’est plus qu’à demi réel et que ses mouvements sont aussi libres qu’insignifiants.
Alors, que choisir ? La pesanteur ou la légèreté ?
C’est la question que s’est posée Parménide au VIe siècle avant JC. Selon lui, l’univers est divisé en couple de contraires : la lumière- l’obscurité ; l’épais- le fin ; le chaud- le froid ; l’être - le non-être. Il considérait que l’un des pôles de la contradiction est positif (le clair, le chaud, le fin, l’être), l’autre négatif. Cette division entre positif et négatif peut nous apparaître d’une puérile facilité. Sauf dans un cas : Qu’est ce qui est positif, la pesanteur ou la légèreté ?
Parménide répondait : le léger est positif, le lourd est négatif. Avait il raison ? C’est la question.
Une seule chose est certaine. La contradiction lourd- léger est la plus mystérieuse et la plus ambiguë de toutes les contradictions. »
Milan Kundera - L’insoutenable légèreté de l’être
Le temps ne s'occupe pas de réaliser nos espérances ; il fait son œuvre et s'envole.
Euripide
Vouloir être de son temps, c'est déjà être dépassé.
Eugène Ionesco
à la nuit
Ô Nuit plaisante et sereine,
Viens découvrir à nos yeux
Ton beau char qui se pourmène
Par les campagnes des cieux.
Sors de ta caverne obscure
Dans le saphir éclatant,
Pendant qu'en cette verdure
Je vais ton los racontant.
Rallume ta clarté sainte,
Que le grand Soleil jaloux
Avait par sa flamme éteinte,
Passant à midi sur nous,
Fais voir ta beauté céleste,
Digne d'offrande et d'autels,
Et par qui se manifeste
Le Ciel aux yeux des mortels.
Or j'aperçois que ton voile
S'étend dessus l'Orient,
Méme la première étoile
Nous montre son oeil riant,
Les monts, les bois, les vallées.
Commencent à s'ombrager,
Pendant qu'aux ondes salées
Le soleil se va plonger.
Nuit qui pour mon bien retourne,
Ministre de nos plaisirs,
Ô belle Nuit où séjourne
Le sujet de nos désirs,
Arrête un peu ton voyage,
Tant que celle que je veux
Me montre sous ton ombrage
Le paradis amoureux.
Ô Nuit à jamais utile,
Nuit douce et pleine d'appâs,
Sans toi tout serait stérile,
Et sécherait ici-bas,
Ô Nuit seul repos du monde,
Miroir des feux de là-haut,
Qui rends la terre féconde
Avec l'humide et le chaud,
Ô Nuit qu'au jour je préfère
Par qui notre entendement
Connut la céleste sphère,
Son cours et son mouvement,
Et par la règle commune,
Tu nous fais voir maintes fois
Le trépas et la fortune
Des laboureurs et des rois.
Nuit agréable et plaisante,
Douce nourrice d'Amour,
Que j'adore et que je vante
Plus que les rayons du jour,
Dans ton azur solitaire
Se modèrent nos langueurs,
Te rendant la secrétaire
Des passions de nos coeurs. [...]
Siméon-Guillaume de La Roque
Je ne sais pourquoi, j'ai toujours aimé ce poème. Sans doute parce qu'il y a dedans quelques strophes qui amènent à une belle sensualité à peine éfleurée...
La morale et le bon goût sont un vieux ménage, ils ont pour enfants la bêtise et l'ennui.
Francis Picabia
L'homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d'arriver à l'immoralité supérieure.
André Gide
"Il più grande pericolo per la maggior parte non ci è che il nostro scopo sia troppo elevato e che lo mancavamo, ma che sia troppo bassi e che la raggiungiamo."
"L'amore, sono l'ala che Dio ha dato all'uomo per montare a Lui."
Michelangelo.
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