Articles en mode éphémère...
Parce que parfois, il faut savoir aussi juste profiter des instantanés.

J'écoute : certains silences dans la cacophonie tintamarresque de la vie...
Je regarde : la vie et dans un miroir parfois embué.
Je lis : et je relis avant de tout délier.
Je joue : constamment, surtout à qui perd gagne...
Je mange : la vie, des envies et 5 fruits ou légumes par jour...
Je bois : des mots mais sans doute pas à ceux auxquels vous pensez.
Je cite : ma bouilloire.
Je pense : à mal... peut être.
Je rêve : par tout temps sauf sous la pluie.
(mis à jour lundi 16 juin 2008 à 00:25)

20/07/2006

20/07/06 - 03:52

Memento.

"Être mortel est l'expérience humaine la plus élémentaire,
et pourtant l'homme n'a jamais été en mesure de l'accepter,
de la comprendre, de se comporter en conséquence.
L'homme ne sait pas être mortel.
Et quand il est mort, il ne sait même pas être mort.
"

Milan Kundera, Le livre du rire et de l'oubli.


Elle, enfant n'a jamais eu de poupée... pourtant aujourd'hui, elle est partie avec celle que son arrière petite fille lui avait offerte choquée par cette histoire à faire pleurer dans les chaumières.

Femme, elle ne s'était jamais maquillée... et aujourd'hui, elle était couverte de poudre, de fard et de mascara... S'était elle déguisée ?

Femme, puis vieille femme, elle n'assistait que rarement aux offices, préférant la prière particulière. Et aujourd'hui, elle était "aux premières loges".

Enfant, adulte, puis vieille, elle détestait qu'on l'appelle par son prénom. Aujourd'hui, on la nomma ainsi. C'est laid !

Le Requiem était joli, dommage que mes oreilles bourdonnaient.

Voilà, elle est partie... non, pardon, elle vit avec ceux qu'elle aimait...Enfin !

"Dis Papa, Moumère était comme Blanche Neige dans son cercueil de verre ?"

Voilà, j'ai envie de pleurer.

03/07/2006

03/07/06 - 12:56

Turquie, mon amour de vingt ans...





Dieu et l'homme, la nature et l'art ont créé tous ensemble un endroit si parfait sur la Terre que cela vaut la peine d'être vu.
Lamartine.


Créée à la suite du démembrement de l’ancien Empire ottoman de 1918 à 1923, la République de Turquie est un pays dont le territoire est situé en Asie (Anatolie) à 96%, et en Europe (Thrace) à 4%. C’est une république parlementaire.

Cela peut résumer la Turquie...

Mais elle est bien plus que cela. Elle est l'héritière d'une civilisation, composée elle même telle une mosaïque. Ce pays est en soit une civilisation.
Je l'ai découvert enfant dans plusieurs ouvrages qui m'ont fait fantasmer sur l'Empire Ottoman...
Les Contes et légendes ottomanes, l'histoire de Soliman le Magnifique, Lamartine...
Plus tard vinrent les Pérégrines... qui sont sans nul doute à l'origine de ma passion pour les Croisades.
Puis, à vingt ans, je l'ai découverte. Je suis tombé sous le charme incroyable de ce bouillon culturel, de cette suprématie que possède sa richesse culturelle.

Richesse dont Atatürka su profité et mettre en avant comme l'un des fondements de la nation turque moderne né des ruines de l'Empire Ottoman.

Pour autant, la Turquie est elle Européenne ?
Géographiquement, sans doute pas.
Historiquement, l'Empire Ottoman n'a pas sa genèse en Europe, bien au contraire, mais a su tiré parti du meilleur des différentes cultures qu'elle a pu croiser au cours de ses conquêtes.
Humainement, pas plus, puisque la majeure partie de sa population est issue d'ethnies venant d'Asie centrale.
L'Etat Turc moderne appartient bien au monde occidental, tout autant qu'Israël, le Liban, etc,etc...
Ses institutions, sa laïcité, l'ensemble de ses caractéristiques d'Etat moderne font d'elle un partenaire essentiel à la richesse de notre.
Pour autant, devons nous nous passer de cet allié qui nous ouvre les portes vers l'Orient ?
Pour ma part, c'est en ce sens, je crois, qu'il faut "prêcher" pour l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne... Non en la réclamant européenne, mais en la mettant comme trait d'union entre deux civilisations.

Au fil de cet article, j'ai mis des liens qui j'espère vous permettront de vous faire votre propre opinion... Je n'ai pas la prétention d'apporter la des connaissances, juste des faits...
J'espère aussi pour ceux qui ne connaissent pas ce pays, qu'un jour ils pourront en apprécier toutes les beautés.

Histoire de la Turquie moderne :
WWW

03/07/06 - 12:48

Kemal Atatürk





Mustafa Kemal Atatürk est né en 1881 à Selanik (actuelle Thessalonique (Grèce), à l'époque ville de l'Empire ottoman).
Il descend des tribus nomades Kocacik (Turkmènes Yürüks), originaires de Konya et d'Aydin, qui s’étaient établies en Macédoine aux XIVe siècle et XVe siècle.

Jeunesse
Quand il atteint l'âge scolaire, Mustafa Kemal commence son éducation à l’école coranique du quartier de Hafiz Mehmet Efendi, puis, suivant la volonté de son père, il entre à l’école laïque privée Semsi Efendi. C’est à cette époque que son père meurt, en 1888. Sans moyens suffisants pour pouvoir rester à Thessalonique, sa mère s'installe dans une ferme où travaille son frère, à une trentaine de kilomètres de Thessalonique, et le petit Mustafa est donc retiré de l'école. Devant son refus de recevoir l'enseignement d'un pope grec, puis d'un imam, sa mère décide alors de le renvoyer à Thessalonique où une tante accepte de l'héberger et de s'occuper de sa scolarisation.
A l'âge de douze ans, en 1893 il se présente au concours d'entrée au collège militaire de cette même ville en cachette de sa mère. Celle-ci craignait que son fils unique, en devenant officier, ne passe sa carrière dans des conditions difficiles au fin fond de l'Empire. C’est dans cette école que son professeur de mathématiques Mustafa Bey, parce que « deux Mustafa dans la même classe, c'est trop », décide d'ajouter « Kemal » (perfection) à son nom pour ses talents en mathématiques et en chimie.
Dans les années 1896 à 1899 il termine deuxième de sa promotion au lycée militaire de Manastir, et entre à l’école de guerre d'Istanbul. À cette époque, dans l’Empire ottoman, les seules études supérieures possibles étaient soit les études de théologie, soit les études militaires : les études d'officier à l’occidentale le firent donc entrer dans l'élite intellectuelle ottomane. C'est ainsi que la plupart des Jeunes Turcs étaient issus de l’Académie militaire.
Il y découvre la littérature et la poésie. Ses auteurs préférés seront Voltaire, Rousseau, Auguste Comte, Camille Desmoulins et Montesquieu. C'est ainsi qu'il devient un admirateur des Lumières, mais également de la France révolutionnaire et il ne cacha pas son admiration pour Napoléon. En 1902 il sort de cette école avec le grade de lieutenant. Il entreprend ensuite des études à l'académie militaire, qu'il achève le 11 janvier 1905 avec le grade de capitaine. Dans cette académie, il crée un comité secret qui diffuse un journal contestataire à l'égard du pouvoir impérial. Entre 1905 et 1907 il sert en Syrie dans la 5e armée. Il y crée une association révolutionnaire, Patrie et liberté qui vise à combattre et même à renverser le sultan. Là-bas il déclara à ses amis, « Notre but n'est pas de mourir mais de vivre afin de réussir la révolution, de concrétiser ensuite nos projets socio-politiques et de faire adopter nos idées par la population » En 1907 il obtient le rang de Kolagasi (entre capitaine et commandant). Il fut nommé à la 3e armée à Manastir. Le 19 avril 1909 il prend ses fonctions à l'état-major de l'armée mobile qui entrait à Istanbul. La même année il fera son entrée en politique en faisant sa première déclaration politique au congrès union et progrès. Il y déclara que les militaires doivent abandonner la politique, une allusion directe au gouvernement ottoman, dirigé par des militaires. En 1910 il est envoyé en France et prend part à des manœuvres en Picardie. Il y découvre avec son ami Ali Fethi Okyar la Franc-maçonnerie et il se fit beaucoup d'amis qui l'aidèrent plus tard dans la guerre d'indépendance à la fin de la Première Guerre mondiale. En 1911 il commence à travailler sous le commandement du chef d'état-major à Istanbul.

1911 - 1919 Période militaire


En 1911, lors de la guerre qui commença avec l’occupation de Tripoli par les troupes italiennes, Mustafa Kemal prend son poste dans la région de Tobrouk et de Derna avec un groupe d’amis.
Le 22 décembre 1911 il remporte la bataille de Tripoli.
Le 6 mars 1912, il prend le commandement militaire de Derna. Les Italiens remportèrent cependant la guerre, et annexèrent le Dodécanèse (douze îles en mer Égée, dont Rhodes) et la Libye.
Mustafa Kemal prit part à la première guerre balkanique, qui commença en 1912, avec les unités présentes à Gelibolu et Bolayir. Son action fut précieuse pour la reprise des villes de Dimetoka et d'Edirne.
En 1913 il fut nommé au poste d'attaché militaire à Sofia. Il reçut le grade de lieutenant-colonel durant cette affectation qui prit fin en janvier 1915. Pendant ce temps la Première Guerre mondiale avait commencé et l'Empire ottoman s'y était engagé. Mustafa Kemal fut chargé de créer la 19e division à Tekirdag.
Durant la Première Guerre mondiale, Mustafa Kemal fit dire aux Alliés que Çanakkale était infranchissable. Le 18 mars 1915, les flottes britannique et française, après avoir essuyé de lourdes pertes en tentant de passer le détroit des Dardanelles, décidèrent d'organiser un débarquement sur la presqu'île de Gelibolu (Gallipoli). Le 25 avril 1915, la 19e division sous le commandement de Mustafa Kemal arrêta à Conkbayiri les forces alliées qui montaient à l'assaut d'Ariburnu. Suite à ce succès, Mustafa Kemal fut promu au rang de colonel. Les 6 et 7 août 1915, les Britanniques reprirent l'assaut d'Ariburnu. En tant que commandant des troupes d'Anafartalar, il remporta une victoire les 9 et 10 août, suivie le 17 août par celle de Kireçtepe, et le 21 août par la seconde victoire d'Anafartalar.
Ainsi, durant la bataille des Dardanelles, la Turquie, au prix de 253 000 victimes, sut protéger les Détroits, passage éminemment stratégique. À cette occasion, Mustafa Kemal déclara à ses hommes « Je ne vous ordonne pas de combattre, mais de mourir
Après la bataille des Dardanelles Mustafa Kemal prit ses fonctions à Edirne et à Diyarbakir. Le 1er avril 1916 il obtint le rang de général de division. En combattant les forces russes il reprit Mus et Bitlis. Après de brèves affectations à Damas et Alep il revint à Istanbul en 1917. Il fit un voyage en Allemagne sur le front avec l'héritier du trône Vahidettin Efendi. Tombé malade après ce voyage, il fut soigné à Vienne et Karlsbad.
Il revient à Alep le 15 août 1918 pour y commander la 7e armée. Sur ce front il combattit les forces britanniques avec succès. Le jour suivant la signature de l'armistice de Moudros, le 31 octobre 1918, il reçut le commandement des « troupes éclair ». Après la dissolution de celles-ci, il retourne à Istanbul pour entrer au ministère de la guerre.


1919 - 1923 Résistance et naissance de la république


Après l’armistice de Moudros, alors que les États alliés commençaient à occuper l’Empire ottoman, Mustafa Kemal alla à Samsun comme inspecteur de la 9e armée. Dans un appel publié le 22 juin 1919 à Amasya, il déclare «seule la volonté et la résolution de la nation obtiendraient l'indépendance de la nation» et appelle à la convocation d'un congrès à Sivas. Avec le congrès d'Erzurum du 23 juillet au 7 août et celui de Sivas du 4 au 11 septembre, il fit se dessiner la voie de la sauvegarde de la patrie.
Il fut accueilli triomphalement à Ankara le 27 décembre 1919.
Le 23 avril 1920, un nouveau pas vers la création de la république turque fut accompli avec la fondation de la Grande assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi).
Mustafa Kemal fut choisi pour présider le gouvernement et l'assemblée, qui commença à voter et à faire appliquer les lois nécessaires à la victoire dans la Guerre d'indépendance. Les premiers coups de feu de la Guerre d’indépendance avait été tirés à Izmir alors sous occupation grecque. Les forces de la milice appelée Kuvâ-yi Millye (armée nationale) se battirent contre les occupants des pays signataires du Traité de Sèvres, qui le 10 août 1920 avaient réduit l'Empire ottoman à la portion congrue : outre la perte des territoires arabes, du Kurdistan et de l’Arménie à l’Est, l’Empire ottoman perdait la Thrace orientale (la frontière passait dans la banlieue d’Istanbul) et les côtes de la mer Égée.

L’Assemblée nationale leva une armée organisée, qui assura une issue victorieuse au conflit en s’unissant avec la Kuvâ-yi Millye.
Sous le commandement de Mustafa Kemal, les étapes importantes de la Guerre d’indépendance furent les suivantes :
Libération de Sarikamis (20 septembre 1920), de Kars (30 octobre 1920) et de Gümrü (7 novembre 1920).
Défense de Çukurova, Gazi Antep, Kahraman Maras et Sanli Urfa (1919-1921)
Première victoire d’Inönü (6-10 janvier 1921)
Deuxième victoire d’Inönü (23 mars-1er avril 1921)
Victoire de Sakarya (23 août-13 septembre 1921)
«Grande bataille» (Büyük Taarruz), «Bataille du commandant-en-chef» (Baskomutan Meydan Muhaberesi) et «Grande victoire» (Büyük Zafer) (26 août-9 septembre 1922)

Après la victoire de Sakarya le 19 septembre 1921, l’Assemblée nationale accorda à Mustafa Kemal le titre de maréchal et de gazi (héros vétéran). La Guerre d'indépendance aboutit à la signature du Traité de Lausanne le 24 juillet 1923. Abolissant le Traité de Sèvres qui réduisait considérablement la Turquie, le nouveau traité permettait la fondation d'un nouvel État établi sur toute l’Anatolie et contrôlant totalement les Détroits.
L'établissement de la République turque commença le 23 avril 1920, en même temps que celui de l'Assemblée nationale. Le fait que le parlement eût mené victorieusement la Guerre d'indépendance accéléra l’établissement du nouvel État turc. Contrairement aux Jeunes Turcs qui ont déposé le sultan en 1909, Mustafa Kemal profita de la trahison du sultan avec l'armistice de Moudros pour mettre un terme au sultanat le 1er novembre 1922, ainsi le sultanat (pouvoir politique) fut séparé du califat (pouvoir religieux) et aboli dans la foulée. En raison de sa non appartenance au monde arabe, l'abolition du califat en 1924 n'a pas jeté l'anathème sur Mustafa Kemal, même si il y a eu des manifestations contre cette décision en Turquie.
Les liens de l'Empire ottoman avec le pouvoir furent rompus. La république fut proclamée le 29 octobre 1923 et Atatürk en devint le premier président par décision unanime de l'Assemblée nationale. Le 30 novembre de la même année, Ismet Inönü forma le premier gouvernement. La République turque commença à s'élever sur les principes suivants : «La souveraineté appartient sans restriction ni condition à la nation» (Hakimiyet bila kaydüsart milletindir) et «Paix dans le pays, paix dans le monde» (Yurtta sulh cihanda sulh).


1923-1938 Mustafa Kemal président de la république

Atatürk fut élu à la présidence de l’Assemblée nationale à deux reprises, le 24 avril 1920 et le 13 août 1923. Il s’agissait alors d'une charge cumulant les fonctions de chef d’État et de gouvernement. Lorsque la République fut proclamée le 29 octobre 1923, Atatürk en fut élu le premier président pour quatre ans, conformément à la constitution. Le parlement l’élit de nouveau en 1927, 1931 et 1935.
Il prononça son grand discours relatant la Guerre d’indépendance et la fondation de la République (nutuk) les 15 et 20 novembre 1927 et son discours de la 10e année le 29 octobre 1933.
Le 29 janvier 1923, il épousa Latifé Usakligil qui l’accompagna plus tard dans ses tournées dans le pays. Ce mariage dura jusqu’au 5 août 1925. Il épousa alors un idéal, il voyait sa femme Latifé comme le modèle de la femme turque. Atatürk qui aimait les enfants adopta sept filles, l'historienne Afet (Inan), la pilote de guerre Sabiha (Gökçen), Ülkü, Nebile, Rukiye, et Zehra, et un garçon, un berger prénomé Mustafa. Il prit aussi sous sa protection deux garçons nommés Abdurrahim et Ihsan.
Conformément à la loi sur les noms de famille, le parlement donna le 24 novembre 1934 à Mustafa Kemal le patronyme Atatürk, qui signifie non pas « père des Turcs » mais plutôt « Turc ancêtre », « Turc père » ; il abandonna alors le prénom Mustafa pour se nommer Kemal Atatürk.
Il connaissait le français, l'anglais et l’allemand et était passionné par la Révolution française et les idées des Lumières. D'ailleurs la révolution kémaliste se revendiquait de la Révolution française.
Atatürk ne s'est pas beaucoup soucié de sa santé, il ne prit jamais au sérieux les recommandations de ses médecins lui conseillant de prendre du repos. Ainsi après la bataille des Dardanelles il est contraint de passer une partie de l’année 1918 dans un hôpital de Vienne pour suivre une cure suite à des problèmes rénaux. En 1927 il est victime de plusieurs spasmes coronariens. Plus tard ses problèmes rénaux le rattrapent, et il décide donc de continuer à travailler pendant sa cure, ce que les médecins lui ont déconseillé de faire. Il réalise ensuite des voyages dans des pays lointains alors même que ses proches lui demandaient de rester pour ne pas détériorer sa santé. Suite à un important voyage à Adana son état de santé se détériore complètement. Le 6 septembre 1938 il rédige son testament et il meurt d’une cirrhose le 10 novembre 1938 à 9h05, dans le palais de Dolmabahçe à Istanbul. Ses derniers mots ont été Au revoir et il tomba par la suite dans un profond coma.
Il est enterré au Musée ethnographique d’Ankara le 21 novembre 1938.

Depuis le 10 novembre 1953, son corps repose au Mausolée d’Atatürk (Anitkabir), à Ankara. Son successeur, Ismet Inönü, a fortement encouragé un culte de la personnalité post mortem.
Un culte qui a survécu jusqu'à ce jour. Aujourd'hui le portrait d'Atatürk est partout, il est dans tous les bâtiments publics, sur tous les billets de banques et dans les maisons de beaucoup de familles turques qui le considèrent comme un héros.
Beaucoup de lieux portent son nom comme l'aéroport international d'Istanbul ou le stade de football Atatürk dans cette même ville. Une ou plusieurs statues d'Atatürk se trouvent dans la plupart des villes de Turquie. Et cas unique au monde, tout les ans, le 10 novembre à 9h05 une minute de silence a lieu en mémoire du père de la Turquie moderne. Tous les partis politiques se réclament de l'héritage kémaliste et toutes les factions allant de l'extrême-droite à l'extrême-gauche rendent hommage et dépose une gerbe de fleur sur sa tombe.

03/07/06 - 12:41

Turquie politique, laïcité & diplomatie...



Vie politique


La Turquie est une république parlementaire .
Le président est le chef de l'État et le premier ministre est le chef du gouvernement.
Le président est nommé par l'Assemblée nationale pour un mandat de 7 ans à la majorité des deux tiers des députés pendant les deux premiers tours du scrutin. Le candidat à la présidence doit avoir la majorité absolue au troisième tour.
Le président choisit le premier ministre.

Le pouvoir législatif est exercé par la grande assemblée nationale composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
L'âge requis pour être député est de 30 ans.
En 1995, des amendements constitutionnels abaissent la majorité électorale à 18 ans et le nombre de députés a été augmenté, passant à 550.
Pour être représenté au grand parlement il faut qu'un parti présente un candidat dans au moins la moitié des provinces de la Turquie, et le parti doit par ailleurs obtenir au moins 10% des suffrages sur l’ensemble de la Turquie.

Le premier ministre doit également être député.
La loi turque stipule également qu'en temps de campagne électorale, le gouvernement doit être modifié. Des personnalités indépendantes, qui n’appartiennent à aucun parti politique doivent prendre pendant la campagne certains ministère dont le ministère de l'intérieur, de la justice et des transports. Les autres ministres doivent être choisi parmi les groupes parlementaires selon l'importance de ceux-ci.

Le Conseil de sécurité nationale (MGK), qui est présidé par le président de la république et par des généraux qui commandent les diverses forces armées turques, le chef d'état major, le premier ministre, le ministre de l'intérieur, le ministre des affaires étrangères, le ministre de la justice et des vice-premier ministres. C'est par cette institution que l'armée turque manifeste ses volontés, sur les questions intérieures (sur les kurdes ou le génocide arménien ou sur la laïcité) ou sur des questions extérieures (Chypre, le Kurdistan irakien, l'embargo sur l'Arménie)...

Laïcité

Alors que la constitution du 20 janvier 1921 ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (Türkiye Devletinin dini, Dini Islâmdir). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924 (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçi, Devletçi, Laik ve Inkilâpçi’dir), les « six principes d’Atatürk ».
Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances.
C’est ainsi que la religion est ainsi mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses » (diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État.

Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :
- l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
- la fermeture de certains lieux de pélerinage ;
- l’interdiction des confréries religieuses (naksibendis, nurcus,…) ;
- l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et écoles publiques.

Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l’État. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal) l’enseignement religieux est même devenu obligatoire.


Diplomatie

La Turquie fait partie de l’OTAN depuis le 18 février 1952. Elle abrite une base américaine à Incirlik.
Après les premières victoire de l'armée arménienne sur l'armée azerie, le président turc Süleyman Demirel décrète en 1993 un embargo contre l’Arménie. C'est d'après le gouvernement turc un acte de solidarité avec les Azeris et son président ?bülf?z Elçib?y qui était encore sous le feu arménien. La frontière est encore aujourd'hui entièrement hermétique, la Turquie n'a toujours pas levé son embargo.
Elle est un des rares États à majorité musulmane à avoir de bonnes relations avec Israël. La Turquie fut le premier pays à majorité musulmane à reconnaître l’État d’Israël dès 1949. La Turquie ravitaille Israël en eau. Les deux Etats ont ainsi signé un accord portant sur 50 millions de m³ d'eau douce par an pendant vingt ans, pour une valeur d'environ un milliard d’euros. Une coopération militaire très étroite se développe entre Israël et la Turquie depuis 1996, avec plusieurs accords sur la défense et l’échange de haute technologie. Les deux États entreprennent également des manœuvres militaires conjointes, épaulées par les États-Unis.
La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, mais est le seul État à reconnaître la République turque de Chypre du Nord créée après l’intervention en 1974 par l’armée turque.
Des tensions apparaissent sporadiquement avec la Grèce au sujet de la mer Égée.
La Turquie est actuellement candidate à l’adhésion à l’Union européenne ; les négociations ont commencé en octobre 2005. Les conditions à remplir les plus souvent évoquées pour son adhésion sont :
- l’indépendance du pouvoir civil face à l’armée ;
- la reconnaissance de la République de Chypre ;
- la reconnaissance du Génocide des Arméniens de 1915 perpétré sous l’Empire ottoman ;
- l’application des normes de protection des minorités, en particulier les minorités kurde et alévie.

03/07/06 - 12:39

L'Empire Ottoman en quelques dates



Carte de l'Empire Ottoman


L'Empire Ottoman est un état immense qui s'étend sur trois continents avec pour centre le bassin oriental de la Méditerranée. De là une grande variété géographique à laquelle fait écho la diversité ethnique, linguistique et religieuse de la population.
1299 : Le fondateur de l'empire Ottoman est Osman Bey. L'empire Ottoman a été fondé à Iznik (anciennement Nicée).
1326 : Orhan bey captura la ville de Bursa (antique Brousse) et la fit la capitale de l'Empire Ottoman.
1362 : Sultan Murat I s'empara d'Andrinople (actuelle Edirne), et fit d'Andrinople la Capitale de l'Empire Ottoman.
29 mai 1453 : la prise de Constantinople ( Istanbul ) par le Sultan Mehmet II (le conquérant). Constantinople devint la capitale de l'Empire Ottoman et le resta jusqu'à la fondation de la république Turque en 1923.
1516 - 1518 : la conquête de la Syrie et de l'Égypte par le Sultan Yavuz Selim. Sultan Selim I obtint le titre de calife et devint le 73ème calife (le serviteur de Dieu de l'Islam, le successeur de prophète Mohamed ).
1520 - 1566 : le règne de Soliman le magnifique (kanuni Sultan Suleyman ). C'est le début de l'âge d'or de l'Empire Ottoman. Au cours de cette période , l'empire atteint ses plus vastes dimensions. Soliman le Magnifique conquit les côtes d'Arabie, l'Irak et le Maghreb et aussi en Europe Belgrade, l'île de Rhodes, Malta et la Hongrie. Il assiégea Vienne en 1529, mais ne put s'emparer de la ville.
Le 17ème siècle fut le début du déclin de l'Empire Ottoman.
1914-1918 : la première guerre mondiale et la défaite de l'empire Ottoman. Les Alliés ont occupé Istanbul et se sont partagés l'Anatolie et les grecs se sont emparés de Smyrne (actuelle Izmir).


03/07/06 - 12:32

Histoire de la Turquie moderne



10 août 1920 : à la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Sèvres partage l’Empire ottoman ; il prévoit un Kurdistan et une Arménie indépendants, attribue la Thrace orientale et la région de la mer Égée à la Grèce et met les territoires arabes sous contrôle de la France et de la Grande-Bretagne
1920-1923 : guerre d’indépendance menée par Mustafa Kemal
24 juillet 1923 : traité de Lausanne qui revient sur le traité de Sèvres en attribuant l’Anatolie et la Thrace à la Turquie
29 octobre 1923 : Mustafa Kemal fonde la République turque et en devient le premier président.
1923 : Ankara devient la nouvelle capitale en remplacement d'Istanbul
1923 : création du parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple)
1924 : Repression de la révolte kurde menée par Cheikh Saïd.
1938 : mort de Kemal Atatürk ; le nouveau président, désigné par le parlement, est Ismet Inönü
1938 : Repression d'un grand soulèvement kurde à Dersim (Tunceli) pour l'indépendance du Kurdistan.
1945 : fin du système de parti unique
1946 : création du Demokrat Parti
1950 : le Demokrat Parti gagne les élections législatives ; Adnan Menderes devient Premier ministre ; abandon de nombre d’interdictions religieuses datant d’Atatürk
18 février 1952, la Turquie devient membre de l’OTAN
1959 : la Turquie pose sa candidature pour devenir membre associé de la CEE.
27 mai 1960 : coup d'état militaire ; Adnan Menderes et deux autres dirigeants sont pendus
1961 : nouvelle constitution ; arrivée au pouvoir de l'Adalet Partisi
1963 : un accord d'association entre la Turquie et la CEE est signé
1965 : Süleyman Demirel premier ministre
1970 : crise économique ; climat de violence ; attentats d’extrême gauche
12 mars 1971 : coup d'état militaire ; démission de Süleyman Demirel ; répression violente de la gauche et des Kurdes ; limitations à la liberté de la presse et aux droits syndicaux
1974 : Invasion de Chypre dans le but de protéger la population turque de l'île, la victoire de l'armée turque aboutira indirectement à la chute du régime des colonels en Grèce; embargo militaire américain
1975 : premiers attentats de l’ASALA contre des diplomates turcs ; jusqu’en 1984 120 attentats et 22 assassinants seront perpétrés
Mai 1980 : grève générale contre les violences de l'extrême-droite
12 septembre 1980 : coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques
Novembre 1982 : nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits
Décembre 1983 : l'Anavatan Partisi nouvellement créé gagne les législatives ; Turgut Özal premier ministre ; virage libéral (privatisations) et islamique (enseignement religieux obligatoire)
1984 : début d’une guérilla menée par le parti terroriste kurde PKK d’Abdullah Öcalan qui fera plus de 30 000 morts jusqu’en 1999 et des millions de déplacés.
Avril 1987 : la Turquie fait une demande d’adhésion à l’Union européenne.
Décembre 1989 : la Commission européenne déclare la Turquie éligible à une candidature, mais elle diffère l'examen du dossier.
1991 : Mesut Yilmaz premier ministre
Juin 1993 : Tansu Çiller (Dogru Yol Partisi) 1re femme premier ministre
Juillet 1993 : 37 intellectuels alévis meurent dans un incendie criminel à Sivas
1er janvier 1996 : l'union douanière entre l'Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d'importation sur les produits venant de l'Union européenne
1996 : gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, renversé par l’armée en 1997 ; Mesut Yilmaz premier ministre
Janvier 1999 : Bülent Ecevit premier ministre d'un gouvernement de coalition gauche (DSP), droite (DYP) et extrême-droite (MHP)
Décembre 1999 : l'Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d'Helsinki, et souligne la "vocation européenne" du pays, mais elle fixe des conditions à son entrée que la Turquie accepte.
1999 : Abdullah Öcalan arrêté au Kenya, jugé et condamné à mort (peine commuée en prison à vie en 2002 avec l'intervention de l'UE).
Février 2001 : crise financière ; dévaluation de 50% de la livre turque
Octobre 2001 : la Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir aux critères politiques fixés par l'Union européenne.
Août 2002 : abolition officielle de la peine de mort sauf en temps de guerre (restriction levée en 2004); la dernière exécution datait de 1984.
2003 : arrivée au pouvoir du parti islamiste AKP ; Recep Tayyip Erdogan premier ministre
2005 : introduction de la nouvelle livre turque (YTL) ; 1 YTL = 1 000 000 TL
2005 : adoption d’un nouveau code pénal accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes.
Octobre 2005 : Début des négociations d'adhésion avec l'Union européenne.

 

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